Apprendre l’informatique à des personnes âgées,

Mes grands-parents (76 et 73 ans) ont décidé il y a peu de se mettre à l’informatique et ont fait appel à mes services pour leur en inculquer les bases.

N’étant pas toujours disponible, cette première confrontation avec l’informatique n’aura duré que 5 ou 6 heures, réparties sur une petite semaine.

Les résultats sont plutôt positifs: partis de rien, ils sont maintenant capables de:

  • Connaitre les principales touches du clavier

  • Manier la souris

  • Allumer et éteindre l’ordinateur

  • Ouvrir une session

  • Gérer (à peu près) une arborescence dans l’explorateur de fichiers

  • Lancer un logiciel de leur choix (sans pour autant connaitre l’utilisation de ce logiciel)

  • Connecter un appareil photo numérique

  • Visualiser des images

  • Lancer un diaporama

  • Ecrire du texte sous OpenOffice avec une mise en forme simple

  • Enregistrer un texte avec OpenOffice

Mais pour arriver à cela, nous avons été confrontés à un certain nombre d’embûches. Voici les principales:

1. Le matériel

Un clavier comptant une centaine de touches, il est nécessaire de s’attarder sur les fonctions des touches principales: les lettres, les chiffres, la barre d’espace, la touche entrée (pour des personnes âgées, privilégier le terme « retour chariot »), la ponctuation, shift et alt gr, maj, suppression avant et arrière…

Pour les débutants, on ne doit négliger aucun détail: il faut dire que la souris contient un bouton à gauche, un bouton à droite, et une molette.

Concernant les différents branchements de l’ordinateur, dans un premier temps, il vaut mieux ne pas trop en parler.

2. La multitude de données affichées à l’écran

Le débutant croule vite sous le nombre d’informations. Il y en a  partout, on peut cliquer à peu près partout, l’information se présente aussi bien sous forme de texte que sous forme d’icônes, de champs texte, de listes de choix, d’arborescences, l’information est parfois même cachée (bouton droit). Et qui plus est, une fausse manipulation peut entrainer pas mal de dégâts. Le débutant hésite donc à cliquer, de peur de tomber sur une situation inconnue.

Solution: C’est l’habitude qui va lui faire prendre confiance. Il faut donc absolument qu’il réalise toutes les manipulations lui-même lors de l’apprentissage.

3. Retenir des concepts plutôt que des procédures

Il est malheureusement impossible de noter sur un papier toutes les actions possibles avec un ordinateur Même si la tentation de noter où se trouve tel ou tel composant est grande, il ne faut utiliser cette technique qu’au début de l’apprentissage, uniquement pour pouvoir s’entrainer tout seul. En effet, qui nous dit que le fichier toto.odt ne va pas se retrouver un jour à l’autre bout de l’arborescence?

Solution: Insister sur la théorie. Un dessin valant mieux qu’un long discours, ne pas hésiter à mettre en images ce que vous racontez.

4. Un clic ou deux

Là encore, le choix du simple clic ou du double clic, ainsi que du clic droit, vient avec l’habitude. On peut résumer en disant qu’un seul clic sert à sélectionner ou à se positionner, un double clic sert à ouvrir, et un clic droit à afficher des options.

Solution: l’habitude, sachant que l’utilisateur ne doit pas avoir peur de cliquer.

5. Le regard n’est pas un curseur

Le débutant a une grosse tendance à se dire que l’action qu’il souhaite réaliser va forcément se réaliser là où il regarde. Il faut lui expliquer que le curseur de la souris doit être le prolongement de son regard, et qu’il faut en général cliquer à l’endroit que l’on regarde pour que l’action désirée se réalise.

6. Les arborescences

L’utilisateur doit être capable d’organiser ses données. Il faut donc lui expliquer qu’il est possible de créer des dossiers et des sous-dossiers sur x niveaux, dans lesquels on pourra classer des images, des textes, des logiciels, etc… Il doit également être capable de couper, copier, coller, déplacer, renommer et supprimer des éléments.

7. Utilisation du clavier en fonction de la fenêtre affichée

Après avoir présenté le clavier, il est bon de noter que les touches du clavier n’ont pas le même effet selon ce qui est actif à l’écran: tel ou tel logiciel, ou encore l’explorateur de fichiers. Par exemple, la touche entrée sert à passer une ligne dans un traitement de textes, mais le concept de saut de ligne n’existe pas dans une arborescence par exemple. Là encore, il faut rassurer l’utilisateur en lui disant que cela viendra avec l’habitude.

8. Dissocier machine, système d’exploitation et logiciels

Voici un gros pavé bien flou pour les débutants (et pour beaucoup de monde en fait). Ils ne dissocient pas la machine du système d’exploitation (« Qu’est-ce que vous avez comme ordinateur? Un Windows Vista? Ah oui, c’est le dernier à ce qu’il parait, c’est un bon ordinateur alors »)… Certes, on installe rarement Vista sur une machine cadencée à 90 MHz, et inversement. Mais il est tout de même essentiel pour l’épanouissement du débutant que celui-ci puisse dissocier la machine du système d’exploitation. Pour cela, il faut dire que dans la machine, on peut très bien installer telle ou telle version de Windows, ou Linux, ou Mac, ou que sais-je encore. Il faut résumer très grossièrement en disant que le système d’exploitation permet à l’utilisateur de communiquer avec la machine, en gérant l’affichage, la souris, etc…

A cela viennent s’ajouter les logiciels. Il faut expliquer que les logiciels s’installent sur l’ordinateur, qu’il en existe des milliers, que certains sont payants et d’autres gratuits, et que chaque logiciel permet de remplir une fonction bien précise selon les besoins de l’utilisateur, comme naviguer sur internet, écrire un texte, etc…

9. Compatibilité entre types de fichiers et logiciels

Voilà un deuxième pavé bien flou pour les débutants. Attention, on tombe vite dans des explications difficiles. Comment expliquer que le texte que vient d’écrire le débutant avec OpenOffice Writer ne pourra peut-être pas être lu par son ami débutant qui a acheté la panoplie complète MS Office? Il est nécessaire que le débutant comprenne bien ce qu’est un fichier et sa relation avec un logiciel, ou bien le débutant va croire que la machine que vous lui avez conseillée n’est pas assez puissante ou pas assez standard, ou que sais-je encore, en tout cas il se fera de fausses idées.

Il faut donc expliquer avec des exemples que chaque fichier comporte un nom, un point et une extension. Il faut préciser que le nom est au choix de l’utilisateur, et que l’extension dépend du logiciel qui va générer le fichier. Il faut dire que dans un fichier sont écrites toutes les informations permettant de retrouver ensuite ses données comme on les avait laissées la dernière fois. Pour préciser les choses, on peut par exemple écrire un petit texte avec OpenOffice, puis renommer l’extension du fichier obtenu, en JPG par exemple, et double cliquer pour ouvrir le fichier. Là, le logiciel lié par défaut aux fichiers de type JPG s’ouvrira, mais il sera incapable d’interpréter le fichier, puisque son contenu n’est pas une image mais un texte.

Quand l’utilisateur a compris qu’à un type de fichier correspond un (ou plusieurs) logiciel(s), il faut aller plus loin en précisant qu’un texte OOo Writer par exemple, ne pourra pas être interprété par MS Word, car même si Word permet comme Writer de mettre en gras, de centrer, etc, les conventions d’écriture et de lecture de ces informations sont différentes. Il faut dire par exemple que deux logiciels de traitement de texte ont chacun leurs avantages et leurs défauts, qu’ils savent tous les deux interpréter tel type de fichier, mais que l’un saura faire telle chose en plus que l’autre ne saura pas réaliser, et inversement.

Difficile de ne pas embrouiller l’utilisateur avec ça… En tout cas, il est nécessaire que l’utilisateur comprenne ce concept si vous ne souhaitez pas être embêté tous les 5 minutes

Conclusion:

Tous les points décrits ci-dessus (et j’en ai certainement oublié), doivent être vus avec le débutant, afin qu’il ne soit pas perdu sous la quantité incroyable d’actions réalisables. N’hésitez pas à lui répéter qu’à force de faire toujours les mêmes actions, les automatismes finiront par venir. N’hésitez pas non plus à montrer des résultats bien concrets: lancez un diaporama, écrivez un petit texte mis en forme, avec insertion d’images, de tableaux, etc… l’utilisateur sera à la fois alléché et rassuré. Répétez plusieurs fois chaque exercice avec l’utilisateur jusqu’à temps qu’il le réalise à bonne vitesse.

Et dire que tout ça permet juste à l’utilisateur de se familiariser avec l’ordinateur, sans rien pouvoir produire… extrait de Leloup.org.

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